Maisons anciennes, murs en pierre, enduits à la chaux… L’humidité est souvent au cœur des inquiétudes des propriétaires de bâti ancien. Avant d’agir, encore faut-il comprendre comment fonctionne réellement une maison construite avant 1948.
Le bâti ancien : un équilibre vivant à respecter
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| Comprendre et réhabiliter une maison ancienne |
Les maisons anciennes ne sont pas des bâtiments figés. Elles ont été conçues avec les matériaux disponibles localement – pierre, terre, chaux, bois – et selon une logique aujourd’hui trop souvent oubliée : laisser le bâtiment respirer.
Contrairement aux constructions modernes, pensées comme des enveloppes étanches, le bâti ancien fonctionne comme un système ouvert. Les murs sont poreux, perméables à la vapeur d’eau, et contiennent naturellement de l’humidité. Cette humidité n’est pas un défaut : elle fait partie de l’équilibre normal du bâtiment.
Le problème apparaît lorsque cet équilibre est rompu par des matériaux ou des techniques inadaptées.
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| Mur ancien "rénové" avec du ciment |
Reconnaître les signaux d’alerte
L’humidité se manifeste rarement de façon brutale. Elle envoie d’abord des signaux :
- taches sombres sur les murs,
- peintures qui cloquent ou s’écaillent,
- présence de moisissures,
- dépôts blanchâtres appelés salpêtre.
Ces signes ne sont pas seulement inesthétiques. Ils peuvent avoir des conséquences sur la santé des occupants (allergies, troubles respiratoires) et sur la solidité du bâtiment, en favorisant notamment l’apparition de champignons lignivores.
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| Les signes qui ne trompent pas !!! |
Cause n°1 : les remontées capillaires
Dans beaucoup de maisons anciennes, l’humidité provient du sol. Contrairement aux constructions récentes, ces bâtiments ne disposent généralement pas de barrière étanche dans leurs fondations.
L’eau contenue dans le sol remonte lentement dans les murs par capillarité, à travers les pores des matériaux. Ce phénomène est naturel et ancien.
Il devient problématique lorsque l’on empêche l’eau de s’évacuer, par exemple en imperméabilisant les sols extérieurs avec du béton ou du bitume. L’humidité, bloquée dans le sol, cherche alors une issue… et passe par les murs.
Cause n°2 : les infiltrations d’eau de pluie
Une autre source fréquente d’humidité est l’infiltration d’eau de pluie :
- tuiles cassées ou déplacées,
- gouttières bouchées ou défectueuses,
- fissures anciennes non entretenues,
- absence ou dégradation de l’enduit protecteur.
Le mur ancien a besoin de sa « peau » pour se protéger. Lorsqu’elle disparaît ou qu’elle est remplacée par un enduit trop dur, l’eau pénètre directement dans la maçonnerie.
La configuration du terrain joue également un rôle : une pente mal orientée peut diriger les eaux de ruissellement vers les murs.
Cause n°3 : la condensation
Toute l’humidité ne vient pas de l’extérieur. Une grande partie est produite à l’intérieur par nos activités quotidiennes : cuisine, douches, respiration, linge qui sèche.
Lorsque cet air chaud et humide rencontre une surface froide (mur, angle, arrière d’un meuble), la vapeur d’eau se transforme en eau liquide : c’est la condensation.
Ce phénomène est fréquent après le remplacement des fenêtres, lorsque la ventilation n’a pas été adaptée.
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| Le renouvellement de l'air intérieur |
Le diagnostic : une étape indispensable
Avant toute intervention, il est essentiel de comprendre l’origine exacte de l’humidité. Agir sans diagnostic, c’est risquer d’aggraver la situation.
Un diagnostic sérieux prend en compte :
- l’orientation du bâtiment,
- le climat local,
- la nature des matériaux,
- l’état des caves, sols ou vides sanitaires.
Règle d’or : on traite toujours les causes avant d’engager des travaux d’isolation ou d’économie d’énergie.
Des solutions respectueuses pour murs et sols
Dans le bâti ancien, la priorité est souvent de retirer les matériaux inadaptés, notamment les enduits au ciment, qui bloquent l’évaporation naturelle.
Les enduits respirants à base de chaux ou de plâtre permettent au mur de retrouver son fonctionnement initial. Dans certains cas, un drainage périphérique peut également être envisagé, avec prudence et discernement.
Ventiler sans refroidir
Ventiler ne signifie pas créer des courants d’air. Il s’agit de permettre un renouvellement d’air maîtrisé.
La ventilation naturelle (ouverture des fenêtres, tirage des cheminées) reste essentielle. Selon les situations, des dispositifs complémentaires peuvent être installés, notamment dans les pièces humides.
L’objectif est de trouver un équilibre entre confort thermique et respiration du bâtiment.
Les faux bons réflexes à éviter
Certaines solutions, pourtant courantes, sont particulièrement néfastes :
- enduits au ciment et revêtements plastiques,
- doublages intérieurs sans traitement préalable,
- suppression des grilles d’aération.
Ces pratiques ne font que masquer les problèmes, en les déplaçant ailleurs.
Pour une rénovation durable et saine
Entretenir un mur ancien, c’est comme prendre soin de sa propre peau. Si vous la recouvrez d’un film plastique, elle ne respire plus. Elle étouffe.
Le mur ancien a besoin, lui aussi, de pouvoir « transpirer ». Respecter cette logique, c’est préserver le patrimoine bâti, améliorer le confort des habitants et garantir la durabilité des bâtiments.
La santé du bâtiment assure la santé de ceux qui l’habitent.
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